jeudi 27 octobre 2011

De la censure

"La censure est mon ennemie littéraire, la censure est mon ennemie politique. La censure est de droit improbe, malhonnête et déloyale. J'accuse la censure." Victor HUGO

Vous avez peut-être lu l'information à propos de cette salariée, caissière de CORA, à Mondelange en Moselle, convoquée le 7 novembre prochain pour un entretien préalable en vue de son licenciement. La faute, ou plus exactement le prétexte, qui est lui est reprochée ? Elle est accusée de "vol", elle aurait ramassé un ticket de caisse, a priori abandonné par son maître, et donnant droit à un deuxième sandwich après achat du premier. CORA considère que ce satané ticket est sa propriété tandis que l'avocat de la mise en cause rappelle qu'il n'est qu'une "chose sans maître". 

Ce n'est pas le débat juridique qui m'intéresse ici mais l'absurdité de l'histoire et plus encore son caractère révélateur et clairement scandaleux. Les internautes ne se privent d'ailleurs pas pour exprimer leur colère sur les différents forums. Ma réaction, vous vous en doutez, va dans ce sens. J'ai donc rédigé, depuis le site www.leparisien.fr, mon propre commentaire que je livre à votre appréciation : "Le boycotte : la meilleure solution pour ces dirigeants inhumains. Pour ne pas pénaliser davantage les employé(e)s, que tous les clients, après avoir payé à la caisse, conservent leurs tickets pour les envoyer aux différents responsables de leur magasin. N'hésitons pas à joindre un mot exprimant notre ras le bol de voir le personnel ainsi maltraité. Ils ne vireront tout de même pas tous leurs clients !!!". Après envoi, un message m'informe que mon commentaire sera d'abord lu par le médiateur puis mis en ligne 15 minutes plus tard.

Or 15 minutes plus tard, pas de publication mais juste un mail du modérateur m'informant que mon commentaire ne serait pas publié : "... en effet, après relecture et avant mise en ligne, l'équipe du Parisien/Aujourd'hui en France a considéré qu'il était contraire à la ligne de conduite de notre site internet." A lire les autres, en ligne le 26 octobre, entre 18h33 et 19h04* (dernier message affiché lors de la transmission du mien), je n'avais franchement pas mesuré le caractère clairement subversif de mes propos.... Au-delà de cette anecdote, ce que je trouve inquiétant aujourd'hui c'est la manière dont le tri est fait. Bien sûr que nombre d'internautes abusent de leur anonymat, bien planqués derrière leur écran, pour se lâcher  en  écrivant, le plus souvent mal sur la forme et sur le fond, des horreurs, généralement déplacées par rapport au thème de départ, etc. 

Naturellement, on comprend parfaitement le rôle indispensable de la modération. Mais, depuis plusieurs mois, j'ai constaté de plus en plus fréquemment que, si vous ne voulez pas être inscrit sur le livre des visages ou sur crétin*, si vous ne souhaitez pas avoir un compte (n'est-ce pas encore un moyen de tracer l'internaute ?) sur le média en question, alors vous ne pouvez pas laisser un commentaire. Je me dis avec philosophie qu'il s'agit là d'une étape au cours de laquelle chaque média cherche le meilleur moyen de laisser la parole libre tout en se préservant des abus en tout genre. J'espère surtout que mon optimisme naturel ne m'empêche pas de voir d'autres raisons à cette attitude, plus sournoises mais bien réelles, aussi discutables qu'inacceptables... L'avenir apportera peut-être la réponse.

* Facebook et twit

jeudi 20 octobre 2011

One : ensemble, mettons fin à la faim


«Il faut que la voix des hommes sans voix empêche les puissants de dormir.» Abbé Pierre

Bonjour,

Dans quelques semaines, la France accueille le sommet du G20 à Cannes. Il s'agit d'une occasion unique pour la France d’encourager les dirigeants du monde à mettre fin à la faim. La sécheresse qui frappe la Corne de l’Afrique est un phénomène naturel inévitable, mais la famine ne l’est pas. Il est grand temps que nos dirigeants agissent pour empêcher que de telles crises ne se reproduisent. Ensemble, appelons-les à tenir leurs promesses en faveur de la mise en place de solutions pérennes.
Le temps presse ! Je vous invite à vous mobiliser à mes côtés pour faire entendre votre voix. Participez à la campagne ONE et signez la pétition appelant les dirigeants du monde à améliorer la vie des 2 milliards de personnes qui dépendent de l’agriculture pour subsister et à mettre fin à la faim.
Agissez dès maintenant en cliquant ici : http://faim.one.org/
Merci

lundi 17 octobre 2011

17 octobre : 50 ans

«On serait tenté de dire : "Ce ne furent que des mots", mais, aux moments importants de l'histoire, les mots sont des actes.» Clément ATTLEE

50 ans après, le massacre d'Algériens à Paris dans la nuit du 17 octobre 1961 demeure toujours entachée de la non-reconnaissance par l'Etat français de sa responsabilité. Les faits : à l'appel du FLN, une manifestation d'hommes, de femmes et d'enfants descendus dans la rue pacifiquement pour demander la levée du couvre-feu décrété à leur intention par le préfet de police : Maurice Papon. De son côté, la police est chauffée à blanc par les attentats menés sur le territoire français par le FLN. (A lire le témoignage de Paul ROUSSEAU*).


De nombreuses voix s'élèvent pour demander au Président de reconnaître ces massacres, comme son prédécesseur avait su le faire avec la rafle du Vel'div, 53 ans plus tard, le 16 juillet 1995. Cette année encore, nous n'avons aucune certitude que ce message soit entendu... D'aucuns diront qu'il ne faut pas revenir en arrière, remuer la boue, que l'on ne construit pas la réconciliation et la vie ensemble de cette manière-là. D'autres, dont je suis définitivement, sont convaincus que c'est en connaissant le passé que l'on peut vivre le présent et plus encore organiser l'avenir. Il n'y a pas d'autre voie. 


A lire : www.letelegramme.com "Devant mes amis algériens et français, j'espère ne pas être submergé par l'émotion...». Le Concarnois Paul Rousseau, âgé de 78 ans, sera décoré aujourd'hui de la médaille d'or de la Ville de Clichy-La Garenne pour ses prises de positions contre le préfet de police Maurice Papon lors des événements tragiques du 17 octobre 1961."
Signer la pétition sur médiapart
A lire : leplus.nouvelobs.com

dimanche 2 octobre 2011

De l'abolition universelle

"Mais qu'est-ce donc que l'exécution capitale, sinon le plus prémédité des meurtres auquel aucun forfait criminel, si calculé soit-il, ne peut être comparé ?" Albert CAMUS

35ème pays abolitionniste, la France de 1981, tandis que la planète compte aujourd'hui 136 pays ayant aboli la peine de mort. Dans les faits, en 2010, 67 pays ont prononcé des condamnations à mort et 23 ont procédé à des exécutions. Parce que nous allons célébrer le 30 anniversaire de l'abolition de la peine de mort en France le 9 octobre prochain, c'est l'occasion de se pencher sur les pays qui la pratiquent encore. L'humanité a certes progresser au cours de ces trois dernières décennies, mais nous ne devons pas nous arrêter là, nous pourrons nous reposer et regarder dans le rétroviseur que lorsque l'abolition de la peine de mort sera devenue universelle. C'est à dire quand l'humanité toute entière aura définitivement renoncé à pratiquer la barbarie.

"La peine de mort est la négation absolue des droits humains. Il s’agit d'un meurtre commis par l'État, avec préméditation et de sang-froid. Ce châtiment cruel, inhumain et dégradant est infligé au nom de la justice.
Cette peine viole le droit à la vie inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l'homme.
Amnesty International s'oppose à la peine de mort en toutes circonstances, quels que soient la nature du crime commis, les caractéristiques de son auteur ou la méthode utilisée par l'État pour l'exécuter." Amnesty International

De nombreux sites web vous proposent informations et chiffres sur la peine de mort, ainsi que de nombreuses pétitions à signer soit pour son abolition en général, soit pour tenter de sauver la tête d'un condamné. En voici quelques uns :

jeudi 22 septembre 2011

Le livre des visages et crétin*


"Penser, c’est dire nonEmile Chartier dit ALAIN

J'en arrive à me demander si on a encore le droit d'exister dans notre monde développé actuel lorsque l'on a décidé une bonne fois pour toutes de n'être inscrit sur aucun réseaux sociaux ????

Aujourd'hui, 5h43, je recherche désespérément l'actualité au sujet de Troy Davis (condamné à mort depuis 20 ans qui devait être exécuté en Georgie le 21 septembre à 23 h GMT. Son avocat, M° Brian KAMMER, ayant déposé une ultime requête demandant "un sursis pour l'exécution, "récusant la constitutionnalité de sa condamnation à la peine de mort en se fondant sur de nouvelles preuves" (source AFP). Résultat de mes investigations : néant... rien... nada... A moins d'être inscrit sur un réseau social, à potron-minet, il est impossible de savoir avec précision si Troy Davis a pu une troisième fois échapper à la peine de mort.

Cela me met hors de moi ! Ce monde de l'hyper-communication qui retire la liberté aux citoyens de choisir de n'être pas connectés, les plaçant hors du champ de la civilisation moderne. Avec ces chaînes de radio et de TV produisant de la non information permanente pour garder l'attention des auditeurs et téléspectateurs, capables de créer de toute pièce un sujet inexistant, nous sommes au-delà de la raison, dans les abîmes de l'absurdité. C'est tout simplement insupportable et dictatorial. Aujourd'hui, si vous n'êtes pas partie de ces réseaux à la noix, vous êtes, ironie de l'histoire, un vrai twit (traduction en français : crétin) ! 

A cet instant précis, je ne parviens toujours pas à savoir si l'exécution de Troy Davis a été une nouvelle fois suspendue, si l'Etat de Georgie est prêt à étudier son dossier, en toute impartialité et objectivité, en vue d'une décision de justice, c'est à dire équitable et fondée en droit. 

Incroyable...

*Le livre des visages et crétin : Facebook et twit

mardi 23 août 2011

de l'amertume...

"Notre métier n'est pas d'être pour ou d'être contre, il est de porter la plume dans la plaie." Albert LONDRES

Et pourtant, silence, encore et toujours. Il faut vraiment insister pour parvenir à trouver quelques informations sur la grève de 1948.

Le 4 octobre 1948 commence la grève générale des mineurs, votée à 90%. Après la guerre, la France a demandé à ces hommes, pour reconstruire le pays, de rattraper le retard de production dû à la guerre. Or, à l'époque, le charbon représente 85% de la consommation. Et ils vont le faire, en un temps record : en 1947, ils sont parvenus à dépasser les 28 millions de tonnes produites ! Ils ont travaillé comme des forçats pour relever le défi en deux années seulement. Ils ont quelques compensations avec un statut qui leur accorde le droit au logement et au chauffage gratuit. Rien d'extravagant en somme vous en conviendrez. Or une circulaire de septembre 1947 qui supprimait le salaire garanti et déclarée illégale par le Conseil des Prud'homme le 3 juin 1948, puis des décrets de septembre 1948 vont remettre en question le statut des mineurs voté en 1946.

Jules Moch, ministre de l'Intérieur, décide dès le début de la grève de répondre par la répression dure, armée et sanglante. Au quatrième jour de grève, un premier mineur est sauvagement tué. L'armée et ses tanks sont également envoyés pour écraser la grève qui durera 56 jours, jusqu'au 29 novembre. A l'issue de celle-ci, plus de 3 000 mineurs sont purement et simplement licenciés par Charbonnages de France et même ostracisés. En effet, ils sont immédiatement privés de leur logement et de tous leurs avantages, y compris leur régime minier de sécurité sociale. Au-delà ces hommes sont marqués au fer rouge et rejetés de la vie professionnelle. Parmi les mineurs les plus actifs, il y avait de nombreux déportés durant la guerre en raison de leur engagement dans la résistance. Une double peine tombée dans l'oubli pendant plusieurs décennies.

Grâce à la persévérance de quelque avocats, et après plus de soixante ans, la Cour d'Appel de Versailles a rendu un arrêt le 10 mars 2011 donnant raison aux mineurs et à leur famille, condamnant l'Etat à les indemniser. Selon Maître Slim Ben Achour, un des quatre avocats des mineurs et de leurs familes (car il ne reste que 17 survivants), la Cour a en effet estimé que les ruptures de contrat de travail étaient bien relatives au "droit de grève, un droit protégé par la Constitution, et déjà par le préambule de la Constitution de 1946, deux ans avant les grèves »... « Les lois de la République ont reconnu à partir de 1984 puis ensuite par des lois de 2004, que les mineurs qui avaient perdu leur travail en 1948 (…) l’avaient perdu en raison de l’exercice du droit de grève », a expliqué l’avocat.

En mars, cet arrêt était bel et bien une victoire sur l'oubli, une restitution de leur dignité pour les familles des mineurs. Or cette réparation aura été que de courte de durée puisque, quelques semaines plus tard, l'Etat s'est pourvu en Cassation contre l'arrêt de la Cour d'Appel...

A écouter ou réécouter, en podcast : Là-bas si j'y suis, l'émission de Daniel MERMET, reportage de Charlotte Perry, diffusé en trois parties : les 14, 15 et 16 juin 2011 sur France Inter.

jeudi 11 août 2011

De la décadence...

"Une erreur ne devient une faute que lorsque l'on ne veut pas en démordre." Ernest Jünger

En pleine crise, comment en sortir la tête haute ? sans trop y laisser de plumes... comment aurions-nous pu l'éviter ? Et d'ailleurs était-ce possible... ou à défaut au moins en diminuer l'impact ? Mais d'où vient-elle donc cette fameuse crise ? Certains disent qu'elle remonte à l'été 2007 avec la crise des subprimes... A moins que cela ne soit au 15 septembre 2008, jour de la faillite de Lehman Brothers... Pourtant, n'a-t-on pas connu une politique de rigueur lorsque Michel Rocard était premier Ministre ? ou encore en 1982 entraînant le blocage des salaires et des prix en raison de la situation économique et monétaire ? A moins que la crise ait commencé avec le 1er choc pétrolier de 1973... N'avions-nous pas les moyens avant 2011 de prévoir une majeure partie des difficultés actuelles ?

La dette, honnêtement, que celui qui n'a jamais entendu dire que nous vivions en France au-dessus de nos moyens, en accumulant cette dette énorme, démentielle, que nous laisserions à nos enfants, et même petits-enfants ? Dormez, braves gens, le monde est entre les mains d'altruistes convaincus...

Pourtant, il me revient en mémoire de manière récurrente ce 29 mai 2005, jour où la France a rejeté le Traité Constitutionnel Européen et les institutions renforcées qu'il allait mettre en place. N'aurions-nous pas besoin, vraiment, d'institutions fonctionnant correctement ? Tout comme tournent en rond les débats incessants durant cette étrange campagne autour du rejet de la candidature turque. Rappelons-nous que la première demande d'association de la Turquie à la Communauté Economique Européenne remonte au... 31 juillet 1959 ! L'accord d'Ankara, signé le 12 septembre 1963, exprimait l'éventualité de la future candidature turque. Le dépôt de ladite candidature a été enregistrée le 14 avril 1987. Coup de tonnerre en 1997 lorsque l'Europe décide de lancer les pourparlers avec 10 Etats susceptibles d'entrer dans l'Europe. Concernant la Turquie, ce n'est qu'en décembre 1999 que la Turquie est un pays candidat, qui a vocation à rejoindre l'Union sur la base des mêmes critères que ceux qui s'appliquent aux autres pays candidats. (source : www.senat.fr).

La Turquie a joué le jeu pour répondre aux critères d'adhésion et obtenir son entrée dans l'Union Européenne. Mais, souvenez-vous des termes du débat, l'Union ne veut pas d'elle et lui en demande sans arrêt d'avantage. La Turquie, avec une croissance de plus de 8% en 2010, a de quoi faire rêver... Mais, non, au fond, nous ne voulions pas des turcs et probablement pour de mauvaises raisons qui demeurent confidentielles. Aussi nous avons, nous, depuis notre vieux continent, regardé passer les révolutions de l'autre côté de la Méditerranée cet hiver et au printemps, nous sommes toujours autistes face à la mondialisation, nous continuons de penser que notre histoire nous place en position de supériorité au plan de la doctrine politique, nous regardons le développement fulgurant de la Chine tandis que nous savions, sans vouloir l'accepter, que tout cela se passerait ainsi dès les années 70. Non seulement nous refusons obstinément d'avoir de la mémoire mais en plus nous nous entêtons définitivement. Peut-être n'est-ce que la conséquence de notre arrogance...

Finalement, nous ne parvenons pas à nous faire à l'idée que nous sommes une Nation en pleine décadence... ne pas le voir nous empêche de l'affronter afin de nous transformer pour accéder au cycle suivant. Quel gaspillage d'énergie et de talents...