dimanche 2 octobre 2011

De l'abolition universelle

"Mais qu'est-ce donc que l'exécution capitale, sinon le plus prémédité des meurtres auquel aucun forfait criminel, si calculé soit-il, ne peut être comparé ?" Albert CAMUS

35ème pays abolitionniste, la France de 1981, tandis que la planète compte aujourd'hui 136 pays ayant aboli la peine de mort. Dans les faits, en 2010, 67 pays ont prononcé des condamnations à mort et 23 ont procédé à des exécutions. Parce que nous allons célébrer le 30 anniversaire de l'abolition de la peine de mort en France le 9 octobre prochain, c'est l'occasion de se pencher sur les pays qui la pratiquent encore. L'humanité a certes progresser au cours de ces trois dernières décennies, mais nous ne devons pas nous arrêter là, nous pourrons nous reposer et regarder dans le rétroviseur que lorsque l'abolition de la peine de mort sera devenue universelle. C'est à dire quand l'humanité toute entière aura définitivement renoncé à pratiquer la barbarie.

"La peine de mort est la négation absolue des droits humains. Il s’agit d'un meurtre commis par l'État, avec préméditation et de sang-froid. Ce châtiment cruel, inhumain et dégradant est infligé au nom de la justice.
Cette peine viole le droit à la vie inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l'homme.
Amnesty International s'oppose à la peine de mort en toutes circonstances, quels que soient la nature du crime commis, les caractéristiques de son auteur ou la méthode utilisée par l'État pour l'exécuter." Amnesty International

De nombreux sites web vous proposent informations et chiffres sur la peine de mort, ainsi que de nombreuses pétitions à signer soit pour son abolition en général, soit pour tenter de sauver la tête d'un condamné. En voici quelques uns :

jeudi 22 septembre 2011

Le livre des visages et crétin*


"Penser, c’est dire nonEmile Chartier dit ALAIN

J'en arrive à me demander si on a encore le droit d'exister dans notre monde développé actuel lorsque l'on a décidé une bonne fois pour toutes de n'être inscrit sur aucun réseaux sociaux ????

Aujourd'hui, 5h43, je recherche désespérément l'actualité au sujet de Troy Davis (condamné à mort depuis 20 ans qui devait être exécuté en Georgie le 21 septembre à 23 h GMT. Son avocat, M° Brian KAMMER, ayant déposé une ultime requête demandant "un sursis pour l'exécution, "récusant la constitutionnalité de sa condamnation à la peine de mort en se fondant sur de nouvelles preuves" (source AFP). Résultat de mes investigations : néant... rien... nada... A moins d'être inscrit sur un réseau social, à potron-minet, il est impossible de savoir avec précision si Troy Davis a pu une troisième fois échapper à la peine de mort.

Cela me met hors de moi ! Ce monde de l'hyper-communication qui retire la liberté aux citoyens de choisir de n'être pas connectés, les plaçant hors du champ de la civilisation moderne. Avec ces chaînes de radio et de TV produisant de la non information permanente pour garder l'attention des auditeurs et téléspectateurs, capables de créer de toute pièce un sujet inexistant, nous sommes au-delà de la raison, dans les abîmes de l'absurdité. C'est tout simplement insupportable et dictatorial. Aujourd'hui, si vous n'êtes pas partie de ces réseaux à la noix, vous êtes, ironie de l'histoire, un vrai twit (traduction en français : crétin) ! 

A cet instant précis, je ne parviens toujours pas à savoir si l'exécution de Troy Davis a été une nouvelle fois suspendue, si l'Etat de Georgie est prêt à étudier son dossier, en toute impartialité et objectivité, en vue d'une décision de justice, c'est à dire équitable et fondée en droit. 

Incroyable...

*Le livre des visages et crétin : Facebook et twit

mardi 23 août 2011

de l'amertume...

"Notre métier n'est pas d'être pour ou d'être contre, il est de porter la plume dans la plaie." Albert LONDRES

Et pourtant, silence, encore et toujours. Il faut vraiment insister pour parvenir à trouver quelques informations sur la grève de 1948.

Le 4 octobre 1948 commence la grève générale des mineurs, votée à 90%. Après la guerre, la France a demandé à ces hommes, pour reconstruire le pays, de rattraper le retard de production dû à la guerre. Or, à l'époque, le charbon représente 85% de la consommation. Et ils vont le faire, en un temps record : en 1947, ils sont parvenus à dépasser les 28 millions de tonnes produites ! Ils ont travaillé comme des forçats pour relever le défi en deux années seulement. Ils ont quelques compensations avec un statut qui leur accorde le droit au logement et au chauffage gratuit. Rien d'extravagant en somme vous en conviendrez. Or une circulaire de septembre 1947 qui supprimait le salaire garanti et déclarée illégale par le Conseil des Prud'homme le 3 juin 1948, puis des décrets de septembre 1948 vont remettre en question le statut des mineurs voté en 1946.

Jules Moch, ministre de l'Intérieur, décide dès le début de la grève de répondre par la répression dure, armée et sanglante. Au quatrième jour de grève, un premier mineur est sauvagement tué. L'armée et ses tanks sont également envoyés pour écraser la grève qui durera 56 jours, jusqu'au 29 novembre. A l'issue de celle-ci, plus de 3 000 mineurs sont purement et simplement licenciés par Charbonnages de France et même ostracisés. En effet, ils sont immédiatement privés de leur logement et de tous leurs avantages, y compris leur régime minier de sécurité sociale. Au-delà ces hommes sont marqués au fer rouge et rejetés de la vie professionnelle. Parmi les mineurs les plus actifs, il y avait de nombreux déportés durant la guerre en raison de leur engagement dans la résistance. Une double peine tombée dans l'oubli pendant plusieurs décennies.

Grâce à la persévérance de quelque avocats, et après plus de soixante ans, la Cour d'Appel de Versailles a rendu un arrêt le 10 mars 2011 donnant raison aux mineurs et à leur famille, condamnant l'Etat à les indemniser. Selon Maître Slim Ben Achour, un des quatre avocats des mineurs et de leurs familes (car il ne reste que 17 survivants), la Cour a en effet estimé que les ruptures de contrat de travail étaient bien relatives au "droit de grève, un droit protégé par la Constitution, et déjà par le préambule de la Constitution de 1946, deux ans avant les grèves »... « Les lois de la République ont reconnu à partir de 1984 puis ensuite par des lois de 2004, que les mineurs qui avaient perdu leur travail en 1948 (…) l’avaient perdu en raison de l’exercice du droit de grève », a expliqué l’avocat.

En mars, cet arrêt était bel et bien une victoire sur l'oubli, une restitution de leur dignité pour les familles des mineurs. Or cette réparation aura été que de courte de durée puisque, quelques semaines plus tard, l'Etat s'est pourvu en Cassation contre l'arrêt de la Cour d'Appel...

A écouter ou réécouter, en podcast : Là-bas si j'y suis, l'émission de Daniel MERMET, reportage de Charlotte Perry, diffusé en trois parties : les 14, 15 et 16 juin 2011 sur France Inter.

jeudi 11 août 2011

De la décadence...

"Une erreur ne devient une faute que lorsque l'on ne veut pas en démordre." Ernest Jünger

En pleine crise, comment en sortir la tête haute ? sans trop y laisser de plumes... comment aurions-nous pu l'éviter ? Et d'ailleurs était-ce possible... ou à défaut au moins en diminuer l'impact ? Mais d'où vient-elle donc cette fameuse crise ? Certains disent qu'elle remonte à l'été 2007 avec la crise des subprimes... A moins que cela ne soit au 15 septembre 2008, jour de la faillite de Lehman Brothers... Pourtant, n'a-t-on pas connu une politique de rigueur lorsque Michel Rocard était premier Ministre ? ou encore en 1982 entraînant le blocage des salaires et des prix en raison de la situation économique et monétaire ? A moins que la crise ait commencé avec le 1er choc pétrolier de 1973... N'avions-nous pas les moyens avant 2011 de prévoir une majeure partie des difficultés actuelles ?

La dette, honnêtement, que celui qui n'a jamais entendu dire que nous vivions en France au-dessus de nos moyens, en accumulant cette dette énorme, démentielle, que nous laisserions à nos enfants, et même petits-enfants ? Dormez, braves gens, le monde est entre les mains d'altruistes convaincus...

Pourtant, il me revient en mémoire de manière récurrente ce 29 mai 2005, jour où la France a rejeté le Traité Constitutionnel Européen et les institutions renforcées qu'il allait mettre en place. N'aurions-nous pas besoin, vraiment, d'institutions fonctionnant correctement ? Tout comme tournent en rond les débats incessants durant cette étrange campagne autour du rejet de la candidature turque. Rappelons-nous que la première demande d'association de la Turquie à la Communauté Economique Européenne remonte au... 31 juillet 1959 ! L'accord d'Ankara, signé le 12 septembre 1963, exprimait l'éventualité de la future candidature turque. Le dépôt de ladite candidature a été enregistrée le 14 avril 1987. Coup de tonnerre en 1997 lorsque l'Europe décide de lancer les pourparlers avec 10 Etats susceptibles d'entrer dans l'Europe. Concernant la Turquie, ce n'est qu'en décembre 1999 que la Turquie est un pays candidat, qui a vocation à rejoindre l'Union sur la base des mêmes critères que ceux qui s'appliquent aux autres pays candidats. (source : www.senat.fr).

La Turquie a joué le jeu pour répondre aux critères d'adhésion et obtenir son entrée dans l'Union Européenne. Mais, souvenez-vous des termes du débat, l'Union ne veut pas d'elle et lui en demande sans arrêt d'avantage. La Turquie, avec une croissance de plus de 8% en 2010, a de quoi faire rêver... Mais, non, au fond, nous ne voulions pas des turcs et probablement pour de mauvaises raisons qui demeurent confidentielles. Aussi nous avons, nous, depuis notre vieux continent, regardé passer les révolutions de l'autre côté de la Méditerranée cet hiver et au printemps, nous sommes toujours autistes face à la mondialisation, nous continuons de penser que notre histoire nous place en position de supériorité au plan de la doctrine politique, nous regardons le développement fulgurant de la Chine tandis que nous savions, sans vouloir l'accepter, que tout cela se passerait ainsi dès les années 70. Non seulement nous refusons obstinément d'avoir de la mémoire mais en plus nous nous entêtons définitivement. Peut-être n'est-ce que la conséquence de notre arrogance...

Finalement, nous ne parvenons pas à nous faire à l'idée que nous sommes une Nation en pleine décadence... ne pas le voir nous empêche de l'affronter afin de nous transformer pour accéder au cycle suivant. Quel gaspillage d'énergie et de talents...

dimanche 3 juillet 2011

A cor et à cri

"Ce qui est terrible sur cette terre, c'est que tout le monde à ses raisons" Jean Renoir

Nous sommes 62 jours plus tard et on revit la même histoire. En sens inverse, certes, mais le principe reste identique. Déferlement de commentaires en tout genre, chacun sait parce qu'il a lu, entendu ou vu ce qu'un autre raconte avoir vu ou entendu de "sources certaines", proches de ceux qui auraient réellement des informations. Une fois encore, nous sommes en présence d'un grand n'importe quoi.

J'ai dit plus tôt dans ces lignes que j'étais consternée par l'emballement médiatique des jours qui ont suivi ce funeste 14 mai 2011. Je le redis aujourd'hui pour les mêmes raisons : le grand déballage présent sur tout type de médias m'exaspère.

Même si je peux comprendre les raisons qui nous poussent à vouloir savoir, nous avons subi "la nouvelle" arrivée en France au matin du 15 mai dernier avec la même stupéfaction que celle éprouvée devant notre téléviseur le 11 septembre 2001. Dans un genre différent, bien sûr (que l'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit ni pensé), mais le choc étant tellement violent pour nos consciences que nous avons ressenti inconsciemment l'impossibilité d'un tel événement. Dans le déni, abasourdis par "la nouvelle", nous sommes alors contraints de la voir en boucle pour obtenir l'effet d'un pincement nous confirmant que nous sommes bien éveillés, bien dans la réalité.

Dans les jours qui ont suivi nous avons pu lire toutes sortes d'âneries sur la vie privée (donc qui ne nous regarde pas) d'un homme en provenance "des milieux autorisés", comme l'aurait dit notre ami Coluche, qui avaient tous quelque chose à dire, à démontrer, à développer, à exposer. Chacun savait que... pour avoir entendu que... J'étais alors de ceux, comme Robert Badinter, qui dénonçaient avec force cet insupportable procédé, qui défendaient la présomption d'innocence de toutes leurs forces. Je le reste définitivement. J'en ai profité pour rappeler que DSK n'était pas le seul présumé innocent à être pris dans les mailles de la justice, que cette douloureuse expérience lui conférerait un jour la légitimité indiscutable pour parler au nom de ceux n'ont pas la parole et se retrouvent détruits, broyés par la machine judiciaire. J'avais également espéré que nos médias prolixes s'intéressent davantage au fonctionnement de notre droit pénal pour mieux le comparer avec celui des Etats-Unis. A mon sens, il s'agissait là des seuls commentaires pertinents à faire sur l'affaire en cours ; comme pour chaque affaire d'ailleurs dont nous n'avons pas connaissance de tous les éléments. Que penser de la stratégie d'un procureur dont l'avenir dépend des électeurs ? Voilà un thème de débat passionnant, y compris en France, là où on n'hésite pas à prendre quelques libertés avec les règles de notre droit pénal. Un tel débat aurait même pu rapprocher les citoyens français de leur justice... dommage...

Puis le consensus s'est établi et le calme est revenu. Provisoirement....

Aujourd'hui, nous vivons la situation diamétralement opposée avec les mêmes flots de papier qui reproduisent ce qu'ils ont récupéré à droite ou gauche comme informations. Combien sont vérifiées ? Toutes ? Sont-elles établies et incontestables ? Avant d'écrire pour vendre, il serait judicieux de s'interroger sur les conséquences de ce que l'on écrit pour les individus personnellement concernés, victime ou auteur présumés. Tous devraient avoir bien présent à l'esprit au moment de prendre la plume le proverbe "calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose" et en faire un postulat irréfragable, un dogme incontestable, guidant l'exposé de leur raisonnement. Ayons la sagesse, voire l'humilité, de laisser les juges instruire et juger et les journalistes nous informer une fois les vérifications de rigueur effectuées.


lundi 13 juin 2011

Jorge Semprún

"La récompense des grands hommes, c'est que, longtemps après leur mort, on n'est pas bien sûr qu'ils soient morts" Jules Renard


La voix de Jorge Semprún s'est définitivement tue cette semaine mais, lui, l'homme, reste et restera présent à jamais dans nos consciences et au plus profond de nos coeurs. En nous quittant, Jorge Semprún nous laisse tous orphelins et nous ressentons un immense chagrin parce que, avec son départ, nous perdons assurément une de nos fondations, une part de ce fil conducteur que nous nous attachons à suivre. Puis nous nous reprenons, emplis d'espoir, celui-là même qu'il a incarné durant toute son existence : au coeur de notre âme, nous savons que cet homme-là, à l'évidence, ne peut mourir. Impossible.

En notre for intérieur, à présent chacun de nous sait qu'il peut le tutoyer. Nous ressentons désormais le besoin de perpétuer sa mémoire, avec la fidélité de la sincérité de nos rapports intérieurs, depuis ce qu'il a contribué à faire de nous. Sans hésitation, nous savons que nous pourrons l'interroger intimement chaque fois qu'une part d'ombre viendra écraser notre lumière pour tenter de perturber notre route. Il sera là, toujours. Homme debout, engagé sans relâche, sa trace est indélébile. Et si par mégarde le doute venait à nous titiller alors nous n'aurons qu'à nous replonger dans l'oeuvre de Jorge Semprún, écrivain talentueux, pour retrouver calme et sérénité.


Hommage : Semprún sans retour, jdd.fr mercredi 8 juin 2011

mercredi 1 juin 2011

Revue de presse

"Il faut donc nous méfier de ceux qui cherche à nous convaincre par d'autres voies que celle de la raison." Primo LEVY


En Suisse, sur le nouvelliste.ch : "Berlusconi, DSK et les autres" par François-Xavier PUTALLAZ

Pendant ce temps-là, en France, depuis marianne2.fr : "Ben Ali, un ami si généreux", Régis SOUBROUILLARD

Des nouvelles de la Syrie... sur tempsreel.nouvelsobs.com : "Hamza, 13 ans torturé puis exécuté - icône de la révolution syrienne" par Céline LUSSATO pour le Nouvel Observateur.

Du racisme gouvernemental ordinaire, dans les pages liberation.fr : "Immigrés : Guéant en échec scolaire" par Cédric MATHIOT

Hors temps, sur rue89.com : "Avec Paul VIRILIO, prenons le temps de penser la vitesse" par Sophie VERNEY-CAILLAT